samedi 24 mars 2012

Bel-Ami, Maupassant

    Je redoutais un peu cette lecture et mon bilan est plutôt mitigé...

Quelques mots sur l'auteur:
Guy de Maupassant est né en 1950 et est mort en 1893. Il est né en Normandie. Sa mère l'a poussé à écrire car elle était passionnée de lecture et qu'elle était amie avec Gustave Flaubert. Ce dernier aida Maupassant en lui donnant des conseils d'écriture. Guy de Maupassant rencontra de grands auteurs comme Zola ou encore les frères Goncourt. Boule-de-Suif (1880) et La maison Tellier (1881) connurent un grand succès. Par la suite il abandonna son emploi dans un ministère pour se consacrer pleinement à l'écriture. Il publia des nouvelles, des romans et des articles de journaux. En 1891 victime d'hallucinations il fut interné et il y décéda en 1893.

Bel-Ami, Maupassant
Editions Pocket (2006)/ 408 pages



Le monde est une mascarade où de préférence le succès va aux crapules. La réussite, les honneurs, les femmes et le pouvoir: le monde n'a guère changé. On rencontre toujours - moins les moustaches - dans les salles de rédaction ou ailleurs, de ces jeunes aventuriers de l'arrivisme et du sexe. Comme Flaubert, mais en riant, Maupassant disait de son personnage, l'odieux Duroy: "Bel-Ami, c'est moi." Et pour le cynisme, la fureur sensuelle, l'athéisme, la peur de la mort, ils se ressemblaient assez. Mais Bel-Ami ne savait pas écrire, et devenait l'amant et le négrier d'une femme talentueuse et brillante. Maupassant, lui, était un immense écrivain. Universel, déjà, mais par son réalisme, ses obsessions et ses névroses, encore vivant aujourd'hui.

       Le personnage principal Georges Duroy est tout sauf sympathique. Ce personnage que l'on suit durant son ascension sociale m'a vraiment déplu au plus haut point. C'est un goujat !
Il profite des femmes, ne pense qu'à ses intérêts... C'est ce qui m'a le plus gêné: suivre un héros avec qui ça ne colle pas ... Mais malgré cela l'écriture de Maupassant m'a plu, les descriptions ne m'ont pas parut trop longues contrairement au Père Goriot de Balzac (ce n'est pas le même style me direz-vous mais depuis, les descriptions de trois pages je suis allergique ^^). 
Donc mon bilan: je dirais que je veux bien retenter une lecture de cet auteur à condition que le personnage ne soit pas si énervant.

vendredi 17 février 2012

Au bord du précipice et autres nouvelles, Richard Matheson

     J'ai lu ces nouvelles car celles-ci étaient suggérées par mon professeur de français et j'ai adoré !

Quelques mots sur l'auteur:
   C'est un écrivain et scénariste américain né en 1926. Il s'illustre dans la science fiction et l'épouvante.
Il fit des études en journalisme et après se mit à l'écriture: sa première nouvelle Le journal d'un monstre connu un rapide succès en 1950.
Ses deux romans Je suis une légende et L'homme qui rétrécit sont devenus deux classiques du genre.
Il écrit pour le cinéma et la télévision. Ses œuvres sont régulièrement adaptées à l'écran.

Au bord du précipice et autres nouvelles, Richard Matheson
Éditions GF-Flammarion (Étonnants classiques)/ 96 pages

Un cadre dynamique stressé en proie à l'angoisse d'un dédoublement, un époux insatisfait qui, pour se débarrasser de sa femme, recourt aux services d'un tueur à gages cupide, un démarcheur à domicile qui propose à un jeune couple un pacte immoral mais tellement tentant... Attention, vous qui vous apprêtez à lire ces récits: vous êtes au bord du gouffre, sur le point de sombrer dans un univers inquiétant et fantastique, qui ne ménagera pas vos nerfs!

    Des nouvelles troublantes, avec au cours de la lecture une envie d'en savoir plus. On se prend au jeu, l'on cherche des hypothèses toujours plus improbables les unes que les autres et puis la chute nous laisse toujours sans voix. J'ai vraiment apprécié cette atmosphère ! Je n'en dis pas plus pour vous laissez vous aussi découvrir ces nouvelles.

samedi 21 janvier 2012

La mort d'Olivier Bécaille et autres pièces, Zola

     Pour ce livre là, je suis partie avec quelques réticences... l'été dernier j'ai lu Germinal et j'ai vraiment eu du mal avec les "longueurs" de Zola. Mais ces petites nouvelles mon plus ou moins changées mon avis.

Quelques mots sur l'auteur:
     Émile Zola est né en 1840 en France. Il est devenu orphelin de père à 7 ans. Il a vite abandonné ses études pour devenir employé à la librairie HACHETTE en 1862. Mais en 1866 il démissionne pour vivre de sa plume. Il se met à écrire des articles tels que "Mes Haines" qui font scandale ce qui le rend célèbre. Thérèse Raquin est sa première réussite.
Après 1870, il devient journaliste parlementaire. 1872 marque le lancement de sa carrière car il se lie à l'éditeur Georges Charpentier. Ces romans lui valent l'amitié d'auteurs comme Flaubert et Tourgueniev.
1877 marque le succès de l'Assommoir, 1885: Germinal. A cause de son célèbre article J'accuse, il est condamné à 1 an de prison et 3000 francs d'amende. En 1898 il doit quitter la France. C'est à son retour en 1899 qu'il est injurié, radié de l'ordre de la légion d'honneur et abandonné par une partie de ses lecteurs. Il meurt asphyxié par le poêle de son bureau en 1902. Zola fut le chef de file du naturalisme.

La mort d'Olivier Bécaille et autres pièces,
Editions Librio (2009)/ 132 pages


"C'est un samedi, à six heures du matin, que je suis mort après trois jours de maladie." Mais est-ce vraiment la mort, ce singulier état de torpeur, cette chair frappée d'immobilité tandis que l'intelligence fonctionne toujours? Olivier Bécaille semble bien en faire l'expérience: son corps ne lui obéit plus mais sa conscience continue de percevoir, quoique de façon assourdie, les faits et gestes de son entourage. Puis, soudain, c'est la panique... Et si on l'enterrait vivant? Quatre nouvelles, tour à tour graves ou satiriques, révèlent un Zola inattendu. Pour notre plus grand plaisir...

     Alors commençons par mon avis sur la nouvelle principale La mort d'Olivier Bécaille. Hé bien j'ai eu du mal à rentrer complètement dans l'histoire. Au début j'ai trouvé l'idée vraiment étonnante et puis après ça traîne en longueur, Olivier Bécaille le héros ne peut bouger, il reste spectateur aussi impuissant que nous lecteurs. Ce qui m'a fait changer de regard sur cette nouvelle c'est la fin où il se passe plus d'actions car enfin le personnage principale va pouvoir "évoluer". Mais ce dernier n'en reste pas moins pitoyable tout au long de la nouvelle.

     Ensuite Nantas la nouvelle qui m'a le plus plu ! Nantas c'est l'histoire d'un garçon qui croit que l'argent fait le bonheur, alors il va décider de faire une ascension sociale en s'aidant d'un mariage qui ressemble plus à un pacte entre lui et Flavie où chacun vit de son côté. Mais une fois avoir été reconnu et avoir gagné beaucoup d'argent Nantas s'aperçoit qu'il n'est pas heureux. Je n'en dis pas plus car la fin m'a vraiment surprise, et que je ne voudrais pas trop spoiler ! :-) Lisez cette nouvelle je vous la conseille. Zola a vraiment voulu faire réfléchir à la question "L'argent fait-il le bonheur?".

     Continuons avec la nouvelle appelée l’Inondation, pour laquelle je n'ai pas vraiment accroché. Louis Roubieu que l'on suit avec sa famille durant tout le récit ne m'a attiré que très peu de sympathie car il voit toute sa famille se sacrifier au fur et à  mesure qu'ils avancent sur leur radeau durant l' inondation sans jamais prendre  l'initiative de lui se sacrifier pour les siens. Alors oui, il est triste pour tous ses êtres chers qui meurent mais jamais il ne commet ce geste que j'ai attendu à chaque page que j'ai tournée.

     Pour finir Les coquillages de M. Chabre, encore une nouvelle que je n'ai pas apprécié. J'ai trouvé les personnage agaçants : Estelle sa femme est, j'ai trouvé, égoïste, son mari M. Chabre est quant à lui naïf. J'ai aussi trouvé l'histoire pas très originale. C'est la nouvelle qui m'a le moins plu.

dimanche 8 janvier 2012

La communauté du sud, tome 1: Quand le danger rôde

     Ce livre j'en ai beaucoup entendu parler et en tant que amatrice de Bit-lit que je suis, je me suis jetée à l'eau ! :-)

Quelques mots sur l'auteur:
Charlaine Harris est née en 1951 aux Etats-Unis. C'est une romancière américaine qui écrit des romans policiers, de paranormaux et d'amour.

La communauté du sud, tome 1: Quand le danger rôde; Charlaine Harris
Éditions J'ai Lu (2009)/ 314 pages

" Moi, Sookie Stackhouse, j'ai un faible pour les vampires. Et à la Nouvelle-Orléans, ce n'est pas ça qui manque ! D'ailleurs, un soir, un gentleman amateur d'hémoglobine, Bill Compton, a débarqué dans le bar où je travaille, Chez Merlotte. Comme j'ai la faculté de lire dans les pensées, j'ai vite compris qu'il avait de gros ennuis..." Les vampires vivent désormais parmi les humains grâce à un substitut leur permettant de se nourrir sans tuer. Mais la méfiance règne toujours à Bon Temps, petite ville de l'Amérique profonde. L'arrivée de Bill, ténébreux vampire du XIXe siècle va bouleverser la vie de la jeune serveuse télépathe, Sookie, d'autant qu'une vague de crimes s'abat sur la ville.

     Après avoir refermer ce livre j'ai eu un sentiment partagé. J'ai donc noté des points positifs et certains négatifs. Commençons par ces derniers. Tout d'abord, des scènes assez "olé olé" j'ai trouvé que cela aurait pu être exprimer avec un peu plus de poésie et peut-être moins de "détails". Ensuite, la fin qui se termine un peu vite sur 300 pages l'intrigue s'installe, un suspense est présent et puis en une petite trentaine de pages on connait la vérité. J'ai trouvé ça dommage.
Sinon les points positifs: une histoire de vampire bien trouvée. Les vampires peuvent vivre au grand jour (passez moi l'expression ^^) parmi les humains. L'histoire est prenante, au fil des pages je voulais savoir qui était l'auteur des meurtres à Bon Temps et j'ai soupçonné plusieurs personnes mais ce n'était pas elles. L'histoire d'amour entre Sookie et Bill Compton est un peu "classique" dans ce premier tome, j'espère qu'elle prendra une tournure plus intéressante par la suite. Bill est mystérieux on ne sait pas grand chose de lui, il essaie de se faire une place à Bon Temps au milieu des humains malgré certains  préjugés.
En bref, j'ai passé un bon moment avec cette lecture. J'aimerais poursuivre cette série qui je pense sera prometteuse !

mardi 27 décembre 2011

L'Île des esclaves suivie de La Colonie, Marivaux

     Pour le lycée nous avions cette proposition de lecture, je me suis lancée assez enthousiaste dans celle-ci car j'avais déjà lu du même auteur Le jeu de l'amour et du hasard que j'avais beaucoup apprécié. Mais j'ai été un peu déçue de L'Île des esclaves.

Quelques mots sur l'auteur:
Marivaux est né en 1688 à Paris d'une famille de petite noblesse. Il s'inscrit à la Faculté de Droit à Paris en 1710 mais il ne s'intéresse guère à ses études. En 1712, il publie Le père prudent et équitable, sa première comédie en vers, après avoir arrêté ses études de droits. Son père décède en 1719. En 1721, il est licencié en droit et est reçu en avocat mais il n'exercera jamais réellement. 1725: L'île des esclaves. Il continue d'écrire différentes pièces dont Le jeu de l'amour et du hasard et il décède d'une maladie le 12 février 1763 à Paris .

L’île des esclaves, Marivaux
Éditions Pocket (2005)/ 157 pages


Marivaux n'est pas seulement le magicien des ravissements, des confusions et des conspirations amoureuses. Notre siècle, qui a le goût des paraboles sociales, redécouvre ses pièces en un acte, comme cette Colonie subversive où les femmes ont l'idée de prendre le pouvoir... L'île des esclaves est aussi une utopie , entre la fable philosophique et la comédie à l'italienne. Sur l'île de "nulle part", deux couples de maîtres et d'esclaves échangent leur condition le temps d'un "cours d'humanité". Le serviteur se donne trois ans pour corriger le seigneur de sa barbarie  et de sa superbe, trois ans pour le rendre humains, sensible et généreux. Venu d'une époque qui ne connaissait pas la lutte des classes, ce conte étonne par son amertume et sa souriante cruauté.

Je n'ai  pas un avis très positif pour cette pièce. J'ai trouvé que le sujet n'étais pas assez exploité, la fin est à mon goût trop simple. Pourtant, je pense que l'idée première est intéressante, à l'époque cela n'est pas courant comme sujet. Les échanges de rôles maîtres/esclaves font parfois sourire mais je dirais sans plus.

En revanche, La colonie est mieux exploitée à mon goût, on réfléchit sur la place de la femme. Elles veulent avoir les mêmes droits et choix que les hommes, elles se révoltent.
"Vous êtes l'élu des hommes, et moi l'élue des femmes; vous êtes mon mari, je suis votre femme; vous êtes le maître, et moi la maîtresse; à l'égard du chef de famille, allons bellement, il y a deux chefs ici, vous êtes l'un, et moi l'autre, partant quitte à quitte." Madame Sorbin à Monsieur Sorbin.
 La fin est simple, ce qui est décevant c'est que rien n'a changé sur la condition de la femme. Mais aujourd'hui encore certaines personnes se battent pour obtenir une place égale aux hommes dans cette société. Ce qui est marquant c'est que cette pièce dénonce encore aujourd'hui un problème récurent dans certains pays.

lundi 19 décembre 2011

Stupeur et tremblements, Amélie Nothomb

Alors celui-là avant même de le lire, c'était un coup de cœur rien que pour sa couverture ! Sa petite boite décorée et sa nouvelle inédite: Les Myrtilles.


Quelques mots sur Amélie Nothomb:
Amélie Nothomb est née en 1967 à Kobe au Japon, elle est la fille de l’ambassadeur de Belgique à Rome.
Après avoir vécu ses cinq premières années au Japon, elle est allée vivre en Chine, à New York, au Bangladesh, en Birmanie et au Laos. C'est à ses 17 ans qu'elle s'installe en Belgique. En 1992, elle publie son premier roman Hygiène de l'assassin qui rencontra un réel succès.

Stupeur et tremblements, Amélie Nothomb
Éditions Le livre de poche (2011)/ 186 pages





Au début des années 1990, la narratrice est embauchée par Yumimoto, une puissante firme japonaise. Elle va découvrir à ses dépend l'implacable rigueur de l'autorité d'entreprise, en même temps que les codes de conduite, incompréhensibles au profane, qui gouvernent la vie sociale au pays du Soleil levant. D'erreurs en maladresses et en échecs, commence alors pour elle, comme dans un mauvais rêve, la descente inexorable dans les degrés de la hiérarchie, jusqu'au rang de surveillante des toilettes, celui de l'humiliation dernière. Une course absurde vers l'abîme-, où l'humour percutant d'Amélie Nothomb fait mouche à chaque logne. Entre le rire et l'angoisse, cette satire des nouveaux despotismes aux échos kafkaïens a conquis un immense public et valu à l'auteur d'Hygiène de l'assassin le Grand Prix du roman de l'Académie française en 1999.

     Tout d'abord avant de lire ce livre, moi qui suis une grande fan de la culture japonaise, me doutais que la société là-bas avait du mal à intégrer les occidentaux mais à ce point là !? Que né ni, j'étais très loin de la vérité !
      C'est une histoire autobiographique de ce qu'a vécu Amélie Nothomb en allant au Japon un an pour y travailler en tant qu'interprète. Mais elle eu du mal à se faire une place au sein des employés de cette société:
"Monsieur Haneda était le supérieur de monsieur Omochi, qui était le supérieur de monsieur Saito, qui était le supérieur de mademoiselle Mori, qui était ma supérieure. Et moi, je n'étais la supérieure de personne."
     Elle eu droit à effectuer quelques tâches diverses, mais en aucun cas elle n'eut le droit de prendre des initiatives. Elle dut demander si elle pouvait se charger de mettre à jour tous les calendriers des bureaux mais elle se fit vite rappeler à l'ordre car elle distrayait le personnel.
     Sa descente au enfer eu lieu en quelques mois seulement, elle n'eut pu faire confiance qu'à elle même. Avec un humour assez décapant elle dit avoir réussit à survivre grâce a son petit jeu de défenestration mentale du haut du quarante-quatrième étage de la tour où elle travaillait.
Ce qui m'a le plus surpris dans ce livre c'est la réaction des personnages: les japonais restent toujours corrects dans leurs manières de s'adresser à Amélie mais ils ne la traitent pas pour autant comme l'une des leurs au contraire ils lui ont donné que de faibles responsabilités.
     Le plus dur je pense est de se faire une place dans la société japonaise, en montrant ses qualités, en faisant ses preuves et avec beaucoup de temps je pense que l'on peut avoir une place parmi eux mais l'on restera toujours occidentaux à leurs yeux.
Mis à part cette description de la société nippone, j'ai bien aimé l'écriture qui se veut simple ainsi que l'humour de l'auteur.
En bref, une bonne lecture ! Je pense lire par la suite Ni d'Eve ni d'Adam celui-ci se passe toujours au Japon et à la même époque peut-être que l'image de ce pays sera plus méliorative dans ce livre.

samedi 17 décembre 2011

Ensemble, c'est tout, Anna Gavalda

     J'ai enfin pu lire Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda. Depuis le temps que j'en entends que du bien, j'ai pu enfin m'en faire ma propre idée !

Quelques mots sur l'auteur:
Anna Gavalda est née en 1970 à Boulogne-Billancourt.
En 1987, elle rédige sa première nouvelle dans une salle d'examen.
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part (1999) est traduit en 21 langues différentes et vendu à plus de 200 000 exemplaires.
En mars 2004, elle connait un grand succès avec son livre: Ensemble, c'est tout.

Ensemble, c'est tout
Éditions: J'ai Lu/ 573 pages

 "Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents? C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences..." Camille dessine. Dessinait plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l'existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l'idée de mourir loin de son jardin. Ces quatre-là n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés... Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour- appelez ça comme vous voulez-, va se charger de les bousculer un peu.  Leur histoire c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever.

     J'ai adoré ce livre dès ses premières lignes ! On découvre chaque personnages, on s'attache à chacun d'entre eux: Philibert avec sa façon de parler et sa timidité; Franck avec son mauvais caractère; Camille et Paulette avec leur façon bien à elles de voir le monde.
La façon qu'ils ont de s'aider à se faire une place dans ce monde est très touchante. L'enfance de chacun des personnages est différente et difficile mais ils vont tout faire pour que le reste de leur vie soit plus colorée.
     Camille a un don pour le dessin mais elle a voulu arrêter, alors elle est devenue technicienne de surface. Tous les médecins lui disent qu'il faut qu'elle grossisse mais Camille elle en a marre: elle vit au dernier étage d'un immeuble, dans une pièce mal isolée mais elle fait avec parce qu'elle n'a pas le choix. Et puis un jour, elle va rencontrer Philibert un personnage complètement décalé et c'est à partir de là que tout va s'enchaîner: une belle amitié. Elle va emménager chez Philibert et va rencontrer Franck puis Paulette et tous ces personnages qui a première vu n'avaient rien en commun vont évoluer et s'entraider car le plus important c'est d'être Ensemble, c'est tout.
Une belle leçon de vie ! A lire pour tout ceux qui hésite et comme idée de cadeau.

       « - Tu as raison, on ne va pas y arriver... Il vaut mieux que tu te casses, mais laisse-moi te dire deux choses avant de te souhaiter bonne route : La première, c'est à propos des intellectuels justement... C'est facile de se foutre de leur gueule... Ouais, c'est vachement facile... Souvent, ils sont pas très musclés et en plus, il n'aiment pas ça, se battre...Ça ne les excite pas plus que ça les bruits de bottes, les médailles et les grosses limousines, alors oui, c'est pas très dur... Il suffit de leur arracher leur livre des mains, leur guitare, leur crayon ou leur appareil photo et déjà, ils ne sont plus bons à rien ces empotés... D'ailleurs, les dictateurs, c'est souvent la première chose qu'ils font : casser les lunettes, brûler les livres ou interdire les concerts, ça leur coûte pas cher et ça peut leur éviter bien des contrariétés par la suite... Mais tu vois, si être intello ça veut dire aimer s'instruire, être curieux, attentif, admirer, s'émouvoir, essayer de comprendre comment tout ça tient debout et tenter de se coucher un peu moins con que la veille, alors oui, je le revendique totalement : non seulement je suis une intello, mais en plus je suis fière de l'être... Vachement fière, même... Et parce que je suis une intello comme tu dis, je ne peux pas m'empêcher de lire tes journaux de moto qui traînent aux chiottes et je sais que la nouvelle béhème R 1200 GS a un petit bidule électronique pour rouler avec l'essence pourrie... »